Le cœur cousu ~ Carole Martinez

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C’est dans la bibliothèque de ma maman que j’ai trouvé ce roman. Elle l’avait lu et beaucoup aimé, je savais donc que je pouvais le lire les yeux fermés. 

RESUME-01

Frasquita Carasco a dans son village du sud de l’Espagne une réputation de magicienne, ou de sorcière. Ses dons se transmettent aux vêtements qu’elle coud, aux objets qu’elle brode : les fleurs de tissu créées pour une robe de mariée sont tellement vivantes qu’elles faneront sous le regard jaloux des villageoises ; un éventail reproduit avec une telle perfection les ailes d’un papillon qu’il s’envolera par la fenêtre ; le cœur de soie qu’elle cache sous le vêtement de la Madone menée en procession semble palpiter miraculeusement… Frasquita a été jouée et perdue par son mari lors d’un combat de coqs. Réprouvée par le village pour cet adultère, la voilà condamnée à l’errance à travers l’Andalousie que les révoltes paysannes mettent à feu et à sang, suivie de ses marmots eux aussi pourvus – ou accablés – de dons surnaturels…

CE QUEJE PENSE-01

C’est un roman somptueux qui mêle surnaturel et réel, histoire de vie et cruauté de celle-ci. Profond et lyrique, il nous entraîne au cœur d’un hymne à la vie et à la liberté. La beauté de la plume de Carole Martinez nous dévoile une poésie merveilleuse. C’est sous le regard de Soledad, la fille cadette de Frasquita que nous découvrons l’odyssée et le combat de ces femmes qui sont sa mère et ses sœurs.

« Cela m’a pris ce soir d »écrire.
Me voilà donc attablée, face à mon écriture nocturne, et je sais que cette écriture noircira le temps qu’il me reste, que j’éclipserai ce grand soleil de papier dans un crissement de plume. L’encre m’est venue quand il n’y a plus eu de larmes. Plus rien d’autre à pleurer. Plus rien à espérer que le bout du cahier. Plus rien à vivre que ces nuits de papier dans une cuisine déserte. »

J’ai été transporté dans un autre pays, j’ai vécu quelques jours avec ces femmes fortes et merveilleuse. Elles sont talentueuses, dotées de dons surnaturels qui dépassent l’imaginable et c’est, pour moi, ce qui rend ce roman magnifique. Il permet de nous faire sortir du quotidien et des banalités de celui-ci. Il permet de s’envoler et de rencontrer l’imaginaire à travers une écriture tellement naturelle que j’ai presque cru que tout pouvait exister.

« Et dès lors le rouge envahit la salle du bas. Les marchands en apportèrent de toutes sortes pour que Frasquita Carasco put faire son choix. Cotonnades amarante, cerise et coquelicot. Entrelacs de Garance, de vermeil et grains de grenat. Velours cramoisi et taffetas pourpre. Boutons de porphyre et larmes de sang dans leur écrin doré. Éclat de rubis dans l’œil noir de la couturière. Coraux de soie sauvage et géraniums enflammés. »

SEPARATEUR-01

Une véritable découverte, une surprise et une merveille que je le laissais de côté de peur de ne pas aimer les frasques de l’auteur… Le cœur cousu est frissonnant et d’une puissance extrême.

EXCELLENTE LECTURE-01

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