La porte du ciel ~ Dominique Fortier

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Je participe depuis l’année dernière au club de lecture des éditions Les Escales, étant depuis peu sous le charme de leurs nombreuses parutions. Le mois de janvier m’a emmené à la découverte d’une auteure francophone, Dominique Fortier et son roman La porte du ciel

Résumé

Au coeur de la Louisiane et de ses plantations de coton, deux fillettes grandissent ensemble. Tout les oppose. Eleanor est blanche, fille de médecin ; Eve est mulâtre, fille d’esclave. Elles sont l’ombre l’une de l’autre, soumises à un destin qu’aucune des deux n’a choisi. Dans leur vie, il y aura des murmures, des désirs interdits, des chemins de traverse. Tout près, surtout, il y aura la clameur d’une guerre où des hommes affrontent leurs frères sous deux bannières étoilées. Plus loin, dans l’Alabama, des femmes passent leur vie à coudre. Elles assemblent des bouts de tissu, Pénélopes modernes qui attendent le retour des maris, des pères, des fils partis combattre. Leurs courtepointes sont à l’image des Etats-Unis : un ensemble de morceaux tenus par un fil – celui de la couture, celui de l’écriture.

Mon avis :  ♥ ♥ ♥ ♥

Je sortais d’un roman qui traitait de la ségrégation raciale lorsque je me suis plongée dans La porte du ciel, découvrant ainsi l’univers et la plume de Dominique Fortier. Est-ce l’accumulation de thèmes similaires, est-ce l’écriture de l’auteure qui ont fait que je n’ai pas adhéré ? Toujours est-il que ce fut une déception…

Eleanor et Ève sont toutes deux des petites filles lorsqu’elles se rencontrent. Un trait les distingue : l’une est Blanche, fille d’un médecin tandis que l’autre est Noire et fille d’esclave. Leurs deux destins vont s’entremêler, leurs amitiés naître sous le toit d’une maison sans esclaves et pourtant, elles ne seront jamais vraiment des amies.

Il ne vous avait pas échappé, sans doute, qu’Ève avait un statut mal défini. On ne lui demandait pas de frotter les planchers, mais jamais il ne serait venu à l’esprit de quiconque de l’inviter à s’asseoir à table quand il y avait du monde à la maison. Elle prenait tous les jours le thé avec Eleanor, dont elle partageait les jeux, mais, après que son amie se fut tamponné les lèvres, Ève rapportait les tasses à la cuisine pour les laver.

Même si l’amitié de ces deux jeunes filles est le point de départ de ce roman, il n’est pas traité de manière approfondi. C’est ce qui m’a déçue. M’attendre à découvrir cette amitié, ce lien qui les unit au travers de la différence et finalement, ne pas le creuser. Dominique Fortier s’applique davantage à peindre une critique de l’Amérique, des Etats-Unis des années 1860, lorsque la guerre de Sécession fait rage, lorsque Union et Etats confédérés se battent. Cet aspect historique est présenté sous force de détails, de manière didactique et j’en ai été déçue.

Ceux qui partent ne reviennent jamais, même quand ils reviennent.

L’écriture de l’auteure est fluide mais instruite. C’est au travers de ces mots qu’elle montre à quel point la liberté était un enjeu de taille mais à quel point elle pouvait être contesté, notamment avec l’émergence du Klu Kux Klan, ces hommes aux chapeaux pointus. Le ton qu’elle donne à son roman est neutre et c’est ce ton qui permet de voir comment, au fil du roman, la traite des Noirs évolue jusqu’à la levée de leur statut d’esclaves.

Vous n’avez pas besoin que je vous explique le moyen de sortir d’un labyrinthe : il suffit simplement de refaire à l’envers le chemin que nous avons parcouru ensemble. (…) Mais il est un autre moyen de sortir d’un labyrinthe : c’est d’inventer soi-même le chemin au fur et à mesure, jusqu’à la sortie, que l’on invente aussi.

♦ ♦

Un roman inaccoutumé écrit avec beaucoup de neutralité, sur un ton didactique, qui laisse très peu de place à l’émergence de sentiments, d’émotions et de prises de consciences ou de révoltes mais qui oriente sa réflexion sur l’histoire sociale des Etats-Unis.

Je remercie NetGalley et les éditions Les Escales pour l'envoi de cet e-book.

Pour en savoir plus sur ce roman, Caroline Laurent, la directrice éditorial du domaine français des éditions Les Escales en parle dans une vidéo :

La porte du ciel

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6 commentaires sur “La porte du ciel ~ Dominique Fortier

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