La ferme des Miller ♦ Anna Quindlen

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Toujours dans le cadre des discussions du Cercle Belfond, j’ai découvert le deuxième roman à en faire partie : La ferme des Miller, que j’ai gagné grâce au concours qui avait été mis en place. Je remercie donc les éditions Belfond pour l’envoi de ce roman.

Petite fille précoce et curieuse, Mimi mène une enfance protégée dans la ferme familiale. Il y a là Bud, son père cultivateur et répare-tout ; Miriam, sa mère infirmière ; ses deux frères, le taiseux Eddie et le caïd séducteur Tommy ; ainsi que Ruth, sa tante, qui, pour une raison étrange, ne s’éloigne jamais de la maison. Un monde rassurant, fait d’éclats de rire et de joie, que Mimi pense immuable. Mais nous sommes en 1966 et ces jours heureux sont comptés…
La guerre du Vietnam qui laisse Tommy à jamais meurtri, la maladie qui frappe Bud, les drames passés de la tante Ruth… et cet impensable projet du gouvernement de transformer leur vallée en barrage. Ce monde que Mimi aime tant disparaîtrait englouti sous les eaux ? Qui désormais pour sauver la ferme et ses habitants ?
Alors qu’elle envisageait de quitter le village pour suivre des études de médecine et retrouver son amour d’enfance, Mimi va devoir faire un terrible choix.

Les éditions Belfond ont définitivement une collection très intéressante, La ferme des Miller en fait partie et rencontrer Mimi a été un véritable plaisir malgré le fait que je ressorte de ma lecture avec des sentiments assez mitigés. L’histoire se déroule du point de vue de la jeune femme, à Miller’s Valley, dans la ferme familiale de la famille Miller, en Pennsylvanie et va retracer des décennies de l’histoire américaine.

La vie tranquille de Mimi ne pourrait être perturbée. Jeune femme solide, elle aide ses parents à la ferme tout en jonglant avec ses études et ses deux amis, Donald et LaRhonda. C’est un personnage clé, un pilier de cette histoire car c’est le point de départ de toutes les pistes que prennent l’histoire. C’est son histoire qui est racontée, ce sont ses mots qui nous décrivent le quotidien des années 60 jusqu’à nos jours en Amérique. Par ces mots, elle va montrer à quel point elle a le sens du sacrifice, à quel point les valeurs familiales avec lesquelles elle a été élevée lui ont donné de la force. En ça, c’est un sentiment d’admiration qui s’est imposé à moi, la trouvant définitivement brave et courageuse.

Mimi est une étudiante intelligente, plus que la moyenne et si sa mère la pousse autant à faire des études et devenir quelqu’un, c’est parce qu’elle mérite un avenir meilleur. Celui qu’elle n’a justement jamais eu. Cette maman est d’ailleurs une femme remarquable, autre grand personnage de ce roman. Une femme qui en a bavé, qui a vu un fils revenir de la guerre du Vietnam avec des séquelles et des blessures que rien ne peut guérir, qui a vu son mari devenir quelqu’un de dépendant, qui a survécu à des inondations qui ont considérablement amoché sa ferme, qui a vécu une vie qu’elle était certainement loin d’imaginer et c’est toute la beauté de ce personnage. On comprend à travers cette femme d’où vient le sens du sacrifice de sa fille.

Ce roman, c’est une multitude de thèmes qui s’entremêle les uns aux autres et parfois s’entremêle trop : le deuil, les conséquences de la guerre, la maladie, la question des études pour les femmes dans les années 60. L’aspect écologique est aussi abordé à travers la présence du gouvernement qui souhaite inonder la vallée et recouvrir Miller’s Valley : comment fait-on pour déraciner des familles dont les fermes sont implantées depuis des décennies, dont la seule activité tourne autour du bétail ? Comment peut-on expulser ces gens qui ont travaillé à la force de leurs mains pour bâtir ce qui faisait leur gagne-pain, leur foyer ? L’auteure soulève des sujets remplis de questionnements sur les racines, la famille et le foyer mais également sur toutes les épreuves de la vie qui nous forgent à devenir qui nous sommes. Malheureusement, j’ai parfois décroché, certains passages s’avérant partir dans des directions opposées, ce qui donnait lieu à des passages longs. J’ai regretté de me trouver trop souvent spectatrice de la vie de Mimi…

  • Un jour ta mère se rendra compte que je suis la meilleure chose qui ait pu t’arriver, affirma Steven dans la voiture.
  • A mon avis, pour elle, la meilleure chose qui puisse m’arriver serait de terminer l’université.

Une fresque familiale avec une pointe de féminisme qui met en scène Mimi. L’histoire permet de s’interroger sur de nombreux sujets propres à la famille et au foyer mais également sur l’écologie et elle amène une véritable réflexion sur la vie et ce qu’on a envie de vivre. Même si ma lecture s’avère mitigée, la douce mélancolie qui s’installe au fil des pages ne peut que charmer les adeptes de l’Amérique profonde.

 

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5 commentaires sur « La ferme des Miller ♦ Anna Quindlen »

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