Bakhita ♦ Véronique Olmi

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Ce roman a beaucoup fait parler de lui, l’histoire de Bakhita a trouvé un beau refuge dans le monde littéraire et même remporté un prix. J’ai eu envie de la découvrir très rapidement, m’imprégner de ce périple qu’elle avait vécu et qui m’a bouleversé…

RESUME-01

Bakhita, née au Darfour au milieu du XIXe siècle, est enlevée par des négriers à l’âge de 7 ans. Revendue sur un marché des esclaves au Soudan, elle passera de maître en maître, et sera rachetée par le consul d’Italie. Placée chez des religieuses, elle demande à y être baptisée puis à devenir sœur.

CE QUE JE PENSE-01

Des destins de femmes, ils en existent dans la littérature. Des destins aussi profonds et poignants que Bakhita, il y en a peu. L’histoire extraordinaire de cette femme montre jusqu’à quel point la déviance humaine peut aller, jusqu’où elle peut briser des vies. La grande page de l’Histoire abordée, c’est celle de la colonisation et de l’esclavage dans laquelle Bakhita a fait de sa propre histoire une force, mise en lumière par la plume de Véronique Olmi.

L’esclavage et les hommes emmène Bakhita loin des siens, loin du Darfour et de son village à l’âge de 7 ans. Dans son périple, elle découvre nombreux maîtres et nombreuses tortures à laquelle elle devra s’adapter sans cesse, en silence : différentes manières de servir, différentes langues à apprendre. La maltraitance dont elle va être victime, les souffrances et les traumatismes vont la faire oublier jusqu’à son nom, son identité. Qui elle est. Ses supplices sont difficiles à lire, poignants mais sont la quotidien de Bakhita.

Son corps est la propriété exclusive des maîtres, son cœur est pétrifié, et son âme ne sait plus où vivre.

Les mots justes de Véronique Olmi mettent en lumière le courage de Bakhita. Après des années de vie d’esclave, elle décide de rentrer dans les ordres et de consacrer sa vie à la religion et à Dieu. Elle devient alors la première religieuse noire, nommée Madre Moretta. Cette vie fera ressortir en elle toute la bonté, l’humilité et l’amour des enfants qu’elle conserve en elle, qui n’a jamais été altéré par la souffrance et les tortures. La force de son engagement religieux ne peut racheter les années d’esclavage mais reposera son esprit et son corps torturé.

Pourtant, les rencontres qu’elle a fait durant ses années en tant qu’esclave ne cesseront de la hanter. Kishmet, sa sœur emportée par les razzias avant elle, Binah qu’elle n’a pu sauver, Hawa, Mimina, sa mère. Des femmes qui ont vécu avec elle, à côté d’elle et qu’elle a aimées. Autant de liens qui l’unissent à son passé mais dont elle garde un souvenir impérissable et qu’elle n’oubliera jamais.

Bakhita comprend qu’on peut tout perdre, sa langue, son village sa liberté. Mais pas ce que l’on s’est donné. On ne perd pas sa mère. Jamais. C’est un amour aussi fort que la beauté du monde, c’est la beauté du monde.

La grande force de ce roman, outre l’histoire dramatique racontée par la beauté de l’écriture de Véronique Olmi, outre le destin de cette femme au courage et à la bonté incroyable, c’est que chaque moment où l’horreur prend le dessus, l’espoir contrebalance et l’équilibre parfait entre les deux rend ce récit profondément humain. Ce roman est d’une grande beauté, inoubliable.

SEPARATEUR-01

Un roman exceptionnel dans lequel on rencontre Bakhita, une femme au courage et à la bonté incroyable. Ses années d’esclavage puis de religieuse sont exploités avec pudeur et mises en lumières par la sublime plume de Véronique Olmi. Un destin à côté duquel on ne peut passer.

COUP DE COEUR-01

Ils avancent dans le bruit lourd des chaînes. Ils se traînent, frappent la terre de leur malheur. C’est le bruit du fer qui claque et gémit dans le vent. La longue file des épuisés et des mourants. Leurs grimaces de douleur et leurs lèvres brûlées. Leurs yeux aveugles. Leur peau déchirée. Et on dirait que ce n’est pas une caravane qui passe, mais une seule personne, une seule douleur qui pose son pas sur la plaine et l’écrase.

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5 commentaires sur “Bakhita ♦ Véronique Olmi

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