Ces rêves qu’on piétine ♦ Sébastien Spitzer

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Deuxième année de participation aux Match de la Rentrée Littéraire de Price Minisiter et cette année, j’ai reçu Ces rêves qu’on piétine que j’avais repéré au moins d’août parmi les sorties de la rentrée littéraire.

RESUME-01

Allemagne, avril 1945. Les parcours croisés de Magda Goebbels, femme la plus puissante du IIIe Reich, et d’Ava, trois ans, enfant du KZ-Bordell d’Auschwitz. Tandis que les alliés progressent, la première s’enfonce dans l’abîme de la folie nazie et la seconde, miraculée de l’horreur, tente d’échapper à son destin.

CE QUE JE PENSE-01

Il y a des romans assez troublants, fascinants qui abordent des thématiques récurrentes en littérature d’un point de vue absolument différent. C’est le cas de Ces rêves qu’on piétine, un roman qui traite de la fin de la Seconde Guerre Mondiale, à un moment où le IIIe Reich s’effondre littéralement, où Berlin est assiégé par les Russes et où les survivants des camps de concentration entament leur dernière et longue marche vers l’espoir. C’est pour cela que la littérature est importante car ce qu’accomplit Sébastien Spitzer est à mes yeux un chef d’œuvre.

L’abondance de descriptions permet au lecteur d’être un spectateur qui contemple les faits depuis deux points de vue : d’abord, celui de Magda Goebbels ; puis, celui de Fela et Ava, deux rescapées d’Auschwitz. D’un côté, Magda, la femme de l’un des plus grands dignitaires nazis, qui a participé à l’un des plus puissant génocide de l’Histoire. L’auteure s’est largement inspiré de sa vie, depuis son enfance jusqu’à sa fin. Une enfance qui a vu naître des ambitions larges et qui n’auront de cesse d’impacter sa vie future, notamment son envie de grandeur. La psychologie de ce personnage est approfondie ; pourtant, on ne peut s’empêcher de questionner ses actes. Comment peut-on commanditer autant de morts ? La complexité de cette femme m’a troublée, dans la monstruosité avec laquelle elle vit mais également dans ses rêves, dans ses ambitions de jeune fille qui semblaient humaines.

En parallèle, Ava, qui découvre la vie en dehors des camps, qui fuit et marche vers l’espoir et l’avenir en compagnie de sa mère. Jeune, elle subit déjà un traumatisme qu’on peine à imaginer, dont on peut difficilement se rendre compte, celui de la sortie des camps. Vivre en ayant survécu, en ayant été persécuté. Vivre dans la peur. Cette relation entre cette mère et sa fille, ce lien d’amour maternel apporte de l’espoir au sein de ce retour violent et brutal à « la vie normale ». Le contraste entre ces femmes, entre ces deux points de vue est saisissant, il peut paraître surprenant mais apporte à l’Histoire une dimension d’autant plus ignoble. Les émotions véhiculées dans les deux récits sont à l’opposées les unes des autres. D’un côté, la résignation et la lâcheté ; de l’autre, l’espoir et le courage. Pourtant, tout est étroitement lié à ce lien entre juif et allemand. Magda renie son père adoptif, un juif allemand ; Ava est née d’un père officier allemand.

Sebastien Spitzer nous invite à lire un angle d’approche ambitieux qui fonctionne car il renouvelle les nombreux récits qui traite de cette guerre. Seul bémol qui a parfois freiné ma lecture : le style. La plume de l’auteure est assez particulière, le vocabulaire n’est absolument pas moderne. De plus, le peu de dialogue rend parfois le récit compact et n’amène pas une fluidité de lecture que j’attendais. Néanmoins, ce roman est une source de renseignements extraordinaire, il est très documenté et amène une vision différente de la fin de la guerre. Peu de romans explorent les dernières heures des hauts dignitaires nazis.

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Un roman saisissant, glaçant qui aborde la Seconde Guerre Mondiale d’un point de vue surprenant. D’un côté, Magda Goebbels et ses tourments, la lâcheté et la résignation de la chute d’une femme les plus influentes du parti nazi ; de l’autre, Ava, l’espoir et le courage de survivre au plus puissant génocide de l’Histoire. Sébastien Spitzer signe un roman ambitieux et profondément marquant.

TRES BONNE LECTURE-01

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7 commentaires sur “Ces rêves qu’on piétine ♦ Sébastien Spitzer

  1. Le début m’a fait très peur et au final, je n’ai pas eu le temps de me poser de questions : j’ai lu le livre en à peine deux jours ! Et quelle claque ! Je l’ai beaucoup aimé… l’angle d’approche est effectivement assez particulier, original mais tellement convaincant. 🙂
    Pour ma part, une des meilleures lectures de l’année 2017.

    Aimé par 1 personne

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