Contemporain

Les loyautés • Delphine de Vigan

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Delphine de Vigan est une auteure que j’ai découvert avec D’après une histoire vraie, un roman qui m’avait laissée perplexe. La relire était pour moi l’occasion d’approfondir sa plume sombre et si particulière. Ce roman fut pour moi une très belle découverte !

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J’ai pensé que le gamin était maltraité, j’y ai pensé très vite, peut-être pas les premiers jours mais pas longtemps après la rentrée, c’était quelque chose dans sa façon se tenir, de se soustraire au regard, je connais ça, je connais ça par cœur, une manière de se fondre dans le décor, de se laisser traverser par la lumière. Sauf qu’avec moi, ça ne marche pas.

Théo, enfant du divorce, entraîne son ami Mathis sur des terrains dangereux. Hélène, professeur de collège à l’enfance violentée, s’inquiète pour Théo : serait-il en danger dans sa famille ? Quant à Cécile, la mère de Mathis, elle voit son équilibre familial vaciller, au moment où elle aurait besoin de soutien pour protéger son fils. Les loyautés sont autant de liens invisibles qui relient et enchaînent ces quatre personnages.

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Cette auteure a la particularité d’avoir une plume sombre, des mots vifs qui vont à l’essentiel et nous font nous questionner, qui interroge et remet en question. Ce roman choral semble axé sur la maltraitance et pourtant, c’est au travers de ces liens invisibles qui relient chaque être humain que l’auteure aborde l’histoire de Théo. Les loyautés.

Ce sont des liens invisibles qui nous attachent aux autres – aux morts comme aux vivants –, ce sont des promesses que nous avons murmurées et dont nous ignorons l’écho, des fidélités silencieuses, ce sont des contrats passés le plus souvent avec nous-mêmes, des mots d’ordre admis sans les avoir entendus, des dettes que nous abritons dans les replis de nos mémoires.

Théo est un jeune garçon de 13 ans renfermé sur lui-même, dont le quotidien est quelque peu enveloppé de noirceur. Il vit entre sa mère, une femme bien plus concerné par le besoin de sauver les apparences, et son père, dont la déchéance n’a de cesse de devenir plus sombre. Son contexte familial le met en porte-à-faux et au milieu des deux, il n’arrive à trouver un sens, une place. Il n’arrive à faire entendre sa souffrance dans laquelle il plonge chaque jour un peu plus grâce à l’alcool.

Autour de Théo, gravite Hélène, sa professeur inquiète, qui a été une victime enfant de l’environnement familial dans lequel elle a grandi et qui pensait avoir, au fil du temps, panser ses blessures. Lorsqu’elle sent que Théo est en danger, elle va tenter de l’aider au plus proche des limites que le cadre éducatif et scolaire impose. Sa compassion, sa sincère inquiétude en font un personnage émouvant, une femme qui pense réellement qu’il faut aider ce jeune homme.

Il est l’enfant de la séparation des corps et des biens, de la rancœur, des dettes irréparables et de l’alimentation pension : il connaît les règles de la diplomatie.

L’ambiance oppressante, noire de ce roman vient questionner la souffrance d’autrui et jusqu’à quel point on peut rester ignorant parce qu’elle fait peur, elle fait fuir. Elle est bien souvent difficile à appréhender, à comprendre et pour les proches, ce n’est bien souvent pas évident de venir tendre la main à celui qui n’en montre pas le besoin. D’autres sujets, aussi difficiles, sont également abordés mais au final très peu exploités, si bien qu’on passe en surface dessus : je pense notamment à la puissance des réseaux sociaux et leur violence.

A nouveau, Delphine de Vigan dévoile un texte d’une grande noirceur mais d’une grande beauté. Elle parvient avec une facilité déconcertante à aborder des thématiques lourdes, sérieuses, dures sans pour autant qu’elles n’en deviennent innaccessible. Ce sont des récits dont la lecture n’est jamais laborieuse mais bien au contraire, plus souvent bouleversante et d’une grande qualité. C’est encore le cas avec Les loyautés.

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C’est avec brio que Delphine de Vigan nous plonge dans la souffrance d’autrui, notamment celle de Théo et nous questionne sur la manière dont on peut passer à côté, dont on peut en être ignorant. Un texte bouleversant, une grande plume !

TRES BONNE LECTURE-01

9 commentaires sur “Les loyautés • Delphine de Vigan

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