L’enfant de Schindler • Leon Leyson

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Mes emprunts médiathèque ont considérablement augmenté en cette fin d’année mais je suis ravie de pouvoir découvrir de nouveaux récits et ce témoignage en fait partie.

Résumé-01

Alors que tout semble perdu pour Leon Leyson, déporté à l’âge de douze ans dans un camp de concentration, un homme – un nazi – lui redonne espoir. En l’employant comme ouvrier dans son usine, Oskar Schindler fait du petit Leon le plus jeune inscrit sur sa liste. Une liste qui sera synonyme de vie pour lui mais aussi pour des centaines d’autres juifs pris dans les filets nazis.

Ce que j'en pense-01

Commencer à lire et avoir envie de relever toutes les phrases de ce témoignage. Lire sans plus pouvoir s’arrêter, avaler les pages simplement parce qu’il est impossible de reposer ce livre. C’est l’effet que m’a fait L’enfant de Schindler. J’en suis ressortie profondément bouleversée parce que, de tous les livres que j’ai lu sur la Seconde Guerre Mondiale, c’est le seul qui vient rendre hommage aux gestes d’un opportuniste nazi. Un homme manipulateur, influent, complexe et contradictoire qui a pourtant sauvé plus de 1 000 juifs et qui est aujourd’hui enterré à Jérusalem : Oskar Schindler. Leon Leyson a émigré après la guerre aux Etats-Unis, avec ses parents, tandis que son frère et sa sœur ont reconstruit leur vie en Israël. Il n’est jamais revenu sur ce qui s’est déroulé pendant la guerre jusqu’à ce qu’il rencontre sa femme et qu’elle lui insuffle l’envie de parler.

En réalité, beaucoup de juifs étaient blonds aux yeux bleus, alors que les Allemands et les Autrichiens, y compris Adolf Hitler, avaient souvent les cheveux foncés et les yeux marrons. Mais d’après l’idéologie nazie, tout juif constituait un ennemi méprisable. Pour eux, être juif n’avait rien à voir avec notre croyance religieuse, il s’agissait d’une « race ». Cela n’avait pas de sens, et je me demandais comment les nazis pouvaient ignorer toutes ces contradictions. S’ils avaient seulement pris le temps de nous regarder, ils auraient vu des êtres humains semblables à eux : certains avec des yeux bleus, d’autres avec les yeux marrons. Ils auraient vu des familles comme les leurs : des fils, des filles, des mères, des pères. Ils auraient vu des médecins, des avocats, des professeurs, des artisans, des tailleurs, enfin, des individus de toutes sortes.

Son témoignage met alors en lumière les actes héroïques d’un homme dont on ne doutait pourtant pas de sa loyauté nazie. Avec des mots d’enfants, Leon Leyson revient sur son enfance et il use de mots simples pour parler de l’inimaginable, de l’indicible : la guerre, l’invasion allemande en Pologne, les privations, les rafles, le ghetto de Cracovie, les déportations vers les camps, les violences et la mort, la vie dans les camps de concentration, … Ce sont ces paroles, souvenirs d’un enfant, qui rendent à mes yeux ce témoignage bouleversant et poignant. Ce sont des paroles d’un enfant dont l’enfance a été ravagée, brisée, anéantie. D’un enfant qui aurait pu grandir normalement et qui a connu l’horreur avant même de grandir.

A mesure que les nazis resserraient leurs griffes sur Cracovie, les juifs se voyaient stigmatisés par toutes sortes de caricatures insultantes. Des affiches avilissantes en allemand et en polonais couvrirent bientôt les murs, nous décrivant comme des créatures grotesques et répugnantes, à l’énorme nez crochu. Ces images n’avaient aucun sens pour moi. Dans ma famille, nous n’avions pas beaucoup de vêtements, mais maman travaillait dur pour qu’ils soient toujours propres. Nous n’étions jamais sales. J’observais nos nez. Ils n’avaient rien d’exceptionnellement gros. Je ne comprenais pas pourquoi les Allemands voulaient nous faire passer pour ce que nous n’étions pas.

Pourtant, Leon Leyson raconte aussi l’espoir et la bonté, le courage, la générosité d’Oskar Schindler qui sauva sa famille des griffes de la solution finale, d’Auschwitz et de la mort. Aujourd’hui on le connaît grâce au film La liste de Schindler et ce témoignage vient corroborer l’acte de bravoure incroyable dont il a fait preuve. L’enfant de Schindler est non seulement un hommage aux victimes polonaises des déportations, des victimes des horreurs de la Seconde guerre mondiale mais également un hommage à Oskar Schindler. Il permet de ne jamais oublier les atrocités commises mais également les gestes de courage de ceux qu’on n’attendait pas.

En nous traitant avec respect, Schindler résistait à l’idéologie nazie.

Séprateur-01

Bouleversant, L’enfant de Schindler est un hommage à cet homme nazi qui fit preuve de bravoure et de courage pour sauver plus de 1 000 juifs des griffes de la mort. Le témoignage authentique de Leon Leyson, lui-même rescapé des camps parce qu’il figurait avec sa famille sur la fameuse liste de Schindler, est poignant. Des mots d’enfants qui viennent décrire l’indicible, l’horreur de la guerre. Un récit à lire absolument.

Excellente lecture-01

Je ne suis pas philosophe, mais je crois qu’Oskar Schindler correspond à la définition même de l’héroïsme. Il a prouvé qu’une personne seule peut se dresser contre l’enfer et faire la différence. J’en suis la preuve vivante. (…) Campbell affirmait qu’un héros est un être humain ordinaire qui effectue « les meilleures choses au pire moment ». Eh bien, Oscar Schindler est l’incarnation de ce héros.

3 commentaires sur “L’enfant de Schindler • Leon Leyson

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