Le ruban rouge • Lucy Adlington

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Parmi les parutions de la rentrée littéraire de 2018, figurait Le ruban rouge chez Pocket Jeunesse. J’ai profité d’une virée en librairie pour me l’acheter, bien tentée par son sujet. Malheureusement, je ressors très mitigée de ma lecture.

résumé

Nous quatre : Lily, Marta, Carla et moi. Dans une autre vie, nous aurions pu être amies. Mais nous sommes à Birchwood. Ella, 14 ans, a toujours adoré la couture, une passion qu’elle tient de sa grand-mère. Et c’est donc tout naturellement qu’elle devient couturière. Cependant son atelier n’est pas un atelier ordinaire et ses clients ne sont des clients ordinaires : la jeune fille est prisonnière du camp de Birchwood ( Birkenau), où elle s’occupe de confectionner les vêtements des officiers. Dans ce quotidien infâme, c’est la couture qui permet à Ella et Lily, la repasseuse, de garder une lueur d’espoir.

ce que j'en pene

Il est compliqué, quand on lit beaucoup d’ouvrages sur une même époque, sur une même thématique, de ne pas se lasser. Toute la difficulté réside dans la manière de traiter le sujet, différemment ou avec originalité. Le ruban rouge est une fiction qui se déroule au cœur d’un environnement ayant existé, dans un camp de la mort où des millions de personnes ont souffert et péri, ici appelé Birchwood. On imagine sans mal que l’histoire prend place à Auschwitz-Birkenau. Un camp de concentration dans lequel étaient regroupés des opposants aux régimes, des personnes de religion juive, des homosexuels, des personnes handicapées, et tant d’autres qui ne se correspondaient pas aux critères de la race aryenne.

L’histoire se concentre sur Ella, une adolescente de quatorze ans, prisonnière de ce camp de concentration. Pour y survivre, il est nécessaire de trouver du travail et, au vu de ses capacités, elle se dirige naturellement vers la maison de couture. Pourtant, elle se rend rapidement compte que les robes et les vêtements confectionnés au sein de cet atelier sont réservés aux gardes et aux femmes des officiers. C’est une jeune femme remplie d’innocence, elle vit dans l’espoir de revoir sa famille et ne semble pas prendre véritablement conscience de ce qui se déroule dans le camp. Elle ne pose de questions ni sur les disparitions suspectes, ni sur la fumée noire et épaisse qui s’échappent des grandes cheminées, ni sur l’odeur de mort qui règne.

En intégrant la maison de couture, elle va rencontrer Lily, son exact opposé. Le contraste est d’ailleurs saisissant. Là où Ella ne montre aucun émotion, Lily est naïve et d’une grande bonté, réfugiée dans ses histoires et ses rêveries pour échapper à l’enfer du camp. Sa stratégie est une barricade pour empêcher le désespoir et le pessimisme de l’atteindre, pour amener de l’espoir par-delà les barbelés du camp aux prisonnières. Ce sont deux jeunes femmes très émouvantes, tels deux rayons de soleil au milieu de la cruauté nazie.

L’auteure s’attache également à faire entrevoir la barbarie du quotidien : les appels dans le froid pendant des heures, les levers aux aurores, les couchettes surpeuplées dans les baraquements, la maladie, le froid, la faim… C’est une histoire dure et certains passages, bien qu’ayant été adapté pour un public adolescent, sont durs mais c’est avant tout l’histoire de deux amies qui, grâce à leurs rêves et leurs espoirs, veulent à tout prix survivre. Malgré toutes les qualités que ce roman possède, la fin m’a énormément déçue, tout comme certaines longueurs au milieu du récit m’ont lassées. A mes yeux, Le ruban rouge n’apporte malheureusement pas d’éclairage nouveau ou différent sur cette période historique.

separateur-livre

Il est difficile, quand un certain nombre d’ouvrages ont déjà traité le sujet, d’apporter un nouvel angle de vue. Il est nécessaire de se rappeler la cruauté nazie et les millions de mort qui en ont découlé, ce roman se veut être un hommage émouvant aux victimes des camps. Pour autant, cette lecture ne m’a pas paru fournir un éclairage nouveau sur la période historique et, non seulement certaines longueurs m’ont lassées mais la fin m’a également beaucoup déçue.

ni bon ni mauvais

6 commentaires sur “Le ruban rouge • Lucy Adlington

  1. Plus j’y pense et plus je me dis que ce livre n’est pas non plus ce que j’attendais. Pour une raison principale : je le trouve très édulcoré. Oui, c’est pour la jeunesse, mais il faut malgré tout faire attention à ne pas trop minimiser les faits et trop compter sur des happy ends… Mais si ça peut être une porte d’entrée sur le sujet, pourquoi pas. 😉

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    1. Je suis tout à fait d’accord avec toi et c’est ce côté « happy end » qui m’a vraiment dérangé. Parce qu’on ne peut décemment pas dire que les camps de concentration ont eu de « happy end » étant donné les millions de morts.

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      1. C’est exactement cela, ça me met assez mal à l’aise et je suis rassurée de lire que je ne suis pas la seule car j’ai très rarement lu cette critique. Peut-être que, plus jeune, c’est une tournure qui permet plus de supporter, je ne sais pas trop, mais à trop déformer…

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