Saga historique & familiale

Africville • Jeffrey Collins

Africville est un des premiers romans de la rentrée littéraire que j’ai repéré et j’avais une envie folle de le lire ! Je l’ai découvert pendant mes vacances cet été grâce à NetGalley.

Années 1930. Kath Ella refuse de suivre son destin tout tracé de fille de couleur et quitte Africville, un quartier fondé par d’anciens esclaves en Nouvelle-Écosse, au Canada. Après une histoire d’amour marquée par le deuil, elle donnera naissance à un fils, Omar, qui sera rebaptisé Étienne. Années 1960. Étienne, dont la pâleur lui permet de passer pour un Blanc, vit en Alabama. Il est déchiré entre ses racines noires et la peur de perdre la vie qu’il est en train de construire. Années 1980. À la mort de son père, Warner se lance dans une quête de ses origines, qui le mènera dans ce qui reste d’Africville mais aussi dans une prison d’État au fin fond du Mississippi. Trois destins, trois personnages aux prises avec la réalité sociale de leur époque et les aléas de la vie. Pas de pathos ni de velléité moralisatrice. Les héros de ce roman sont des êtres vrais, de chair et de sang. En toile de fond, Africville, à la fois aimant et repoussoir, dont l’empreinte se transmet de génération en génération.

Ce roman est écrit à la manière des sagas familiales que j’aime énormément lire, tandis qu’on découvre plusieurs générations qui se suivent. C’est tout d’abord avec celle de Kath Ella, qui démarre dans les années 1920, que le récit s’ouvre, alors qu’elle est une des seules survivantes d’une épidémie qui a fait de nombreux morts chez les tout-petits au sein de la communauté d’Halifax, en Nouvelle-Écosse. C’est une jeune fille instruite, envoyée à Montréal alors qu’elle est adolescente pour étudier. Au fil de ses années, elle va faire la rencontre de Timothée, un garçon blanc montréalais, avec qui elle finira par se marier.

Après Kath Ella, on fait la connaissance de son fils Étienne. Très clair de peau, le jeune homme va rapidement renier sa famille noire d’Halifax et peu à peu se faire passer pour un Blanc. On découvre alors la vie qu’il mène dans les années 50 et 60, marier à une femme à la famille raciste, qui lui fera oublier jusqu’à ses racines. Ce sera finalement son propre fils, Warner, qui découvrira ses origines et sur ses ancêtres noirs d’Halifax, qui va rétablir la vérité, en réfléchissant à cette double appartenance et cette double culture dont on l’a si longtemps privé.

J’ai adoré suivre l’histoire de Kath Ella, une jeune femme passionnante qui désire plus que tout bénéficier des mêmes droits que ceux réservés aux personnes Blanches. Touchante, c’est aussi une personnalité courageuse et ambitieuse et c’est un personnage que j’ai énormément aimé. J’ai également été captivée par l’histoire de Warner, par sa force de caractère, son envie de mettre en lumière ses ancêtres et de réconcilier ses deux cultures, qui forment deux parts de lui-même. Il va tenter de rencontrer son arrière-grand-mère, en prison depuis des années, de la réintégrer à la société. Il m’a rappelé les combats de Kath Ella, sa grand-mère. J’ai cependant été moins touchée par Étienne et sa vie.

L’histoire que raconte Jeffrey Collins puise ses bases dans celles des anciens esclaves jamaïcains et caribéens, arrivés au large des côtés de la Nouvelle-Écosse, déportés à la fin du XVIIIe siècle, où ils ont ensuite construit un quartier pour la communauté noire, appelé Africville. C’est un roman passionnant, qui éclaire avec justesse les mouvements anti-racistes aux États-Unis, abordant des thématiques tels que la cruauté humaine, l’injustice américaine, le racisme, l’appartenance à une culture ou une communauté, des questions raciales. L’écriture toute en finesse et documentée de l’auteur associé au contexte historique passionnant font véritablement de ce roman une saga familiale captivante qui questionne le poids des origines.

Un roman passionnant, une saga familiale qui questionne le poids des origines tout en abordant des thématiques telles que la cruauté humaine, le racisme et les questions raciales. S’entremêlent trois destins qui ont chacun à leur manière su plus ou moins me toucher, de par leur force de caractère, leur ambition, leur courage ou tout simplement leur volonté d’être égaux et libres de droits.

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