Contemporain

La Datcha • Agnès Martin-Lugand

2016 marque ma rencontre avec Agnès Martin-Lugand, que j’ai découverte avec Les gens heureux lisent et boivent du café. Si ce n’est pas mon préféré et n’a d’ailleurs jamais été un coup de cœur, d’autres romans de cette autrice ont su me marquer (Désolée, je suis attendue, Une évidence).

L’homme venait de me déposer dans un décor de rêve, dont je n’aurais même pas soupçonné l’existence. L’hôtel en lui-même était imposant, majestueux ; les pierres, les grands volets, les immenses platanes tout autour de la cour, la fontaine couverte de mousse qui lui conférait un aspect féerique. Je ne tiendrais pas deux jours, je n’étais pas à ma place. Devais-je fuir immédiatement, retrouver ma vie d’errance dont je connaissais les codes, où je savais comment survivre, ou bien rester et tenter ma chance dans ce monde inconnu, étranger, mais qui exerçait sur moi une attraction aussi soudaine qu’incontrôlable ?

La Datcha, c’est un lieu unique, magnifique. Un hôtel, une fermette rénovée en plein cœur du Lubéron. Tel un personnage, elle s’élève, s’illumine et vit au contact des individus qui vont et viennent en son sein. Les descriptions d’Agnès Martin-Lugand rendent cet endroit assez incroyable, à la fois magique et nimbé de poésie. J’ai eu la sensation d’y être, de m’y retrouver et d’y séjourner, le temps de son histoire. On a aussitôt des images des façades en pierre, des plantes grimpantes le long des murs, de la piscine et de cette terrasse à ses côtés.

C’est un lieu qui fait vivre Hermine depuis vingt-ans, depuis qu’elle a été recueillie par par Jo et Macha, les propriétaires de la Datcha. Depuis qu’ils l’ont prise sous son aile, elle s’y est établie en maîtresse des lieux, apprivoisant ce superbe hôtel et l’organisant selon ses principes au fil des années. Si ce couple d’hôtelier nous est présenté comme étant un roc solide et attachant, les premières pages vont pourtant se revêtir d’un terrible deuil. Hermine, quant à elle, femme forte et solaire, au bagage émotionnel plus que lourd et au passé riche en déception, va devoir s’affirmer et s’émanciper de l’aura de Jo et Macha pour tracer sa propre route.

Le récit est empreint de nostalgie, de mélancolie, d’amour et de non-dits, il questionne les liens humains profonds et l’amour maternel. Si j’ai énormément l’ambiance de ce roman, la Datcha et ses soirées d’étés ensoleillées, l’atmosphère provençale, la chaleur et le bonheur qui y règne et qui est très bien retranscrite, j’ai pourtant eu quelques difficultés avec les différents personnages. C’est un roman assez différent des précédents car, selon moi, le seul véritable personnage de son histoire est la Datcha en elle-même et elle prend une telle place qu’à ses côtés, Hermine, Vassily, Samuel demeurent bien pâles.

Parmi les romans d’Agnès Martin-Lugand, j’ai eu de nombreux coup de cœur et j’espérais beaucoup de celui-ci. Malheureusement, si j’ai énormément aimé l’ambiance de la Datcha ainsi que l’atmosphère provençale des soirées d’étés ensoleillées, j’ai eu des difficultés à m’attacher aux différents personnages, que j’ai trouvé assez pâles en comparaison de ce lieu magique dans lequel le récit se déroule. L’autrice questionne cependant les liens humains, la puissance des non-dits et l’amour maternel avec nostalgie, tendresse et bienveillance.

3 commentaires sur “La Datcha • Agnès Martin-Lugand

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