Contemporain

Le cerf-volant • Laetita Colombani

Il y a quatre ans, j’ai ouvert le premier roman de Laetita Colombani en me disant que la thématique qu’elle traitait m’intéressant énormément, sans savoir que j’aurais un énorme coup de cœur pour La tresse, ledit roman. Deux ans plus tard, c’est avec Les victorieuses que l’autrice me surprenait et me faisait à nouveau vivre un tourbillon d’émotions. Après avoir lu Le cerf-volant, je sais désormais que chacun des romans de Laetita Colombani sera une priorité dans mes lectures.

Après le drame qui a fait basculer sa vie, Léna décide de tout quitter. Elle entreprend un voyage en Inde, au bord du Golfe du Bengale, pour tenter de se reconstruire. Hantée par les fantômes du passé, elle ne connait de répit qu’à l’aube, lorsqu’elle descend nager dans l’océan indien. Sur la plage encore déserte, elle aperçoit chaque matin une petite fille, seule, qui joue au cerf-volant. Un jour, emportée par le courant, Léna manque de se noyer. La voyant sombrer, la fillette donne l’alerte. Léna est miraculeusement secourue par la Red Brigade, un groupe d’autodéfense féminine, qui s’entraînait tout près. Léna veut remercier l’enfant. Elle découvre que la petite travaille sans relâche dans le restaurant d’un cousin, qui l’a recueillie et l’exploite. Elle n’a jamais été à l’école et s’est murée dans un mutisme complet. Que cache donc son silence ? Et quelle est son histoire ? … Aidée de Preeti, la jeune cheffe de brigade au caractère explosif, Léna va tenter de percer son secret. Jadis enseignante, elle se met en tête de lui apprendre à lire et à écrire. Au coeur de ce monde dont elle ignore tout, commence alors une incroyable aventure où se mêlent l’espoir et la colère, la volonté face aux traditions, et le rêve de changer la vie par l’éducation… La rencontre inoubliable et réparatrice entre une femme, une jeune fille et une enfant au milieu d’une Inde tourmentée.

Je l’ignorais en démarrant ma lecture mais ce roman est une « suite » du premier roman de l’autrice, La tresse. On y retrouve un personnage que j’avais d’ailleurs énormément aimé : Lalita. Si l’on ne la suit pas véritablement, elle est pourtant au cœur de cette histoire, faisant lien avec le titre du roman et avec Léna, une des héroïnes principales. Institutrice en France, la jeune femme a tout quitté suite à un drame personnel et s’est réfugié en Inde, où elle devait normalement partir en vacances avec son compagnon.

Son temps dans ce pays est compté et pourtant, elle est loin d’imaginer à quel point ce pays va la bouleverser et remettre en question ses valeurs et sa vie. En découvrant petit à petit ce que peu lui cacher l’Inde et sa culture, une idée se forme dans son esprit, née de sa rencontre avec Lalita et les femmes de la Red Brigade, un groupe de femmes entraînées au combat pour repousser les nombreuses agressions sexuelles qui sont légion dans le village. Menées par Preeti, elles vont venir questionner le rapport que peuvent avoir les femmes face aux hommes et face à leur liberté quasiment inexistante.

L’autrice nous immerge sur un terrain qu’elle a déjà exploré dans le roman La tresse et qui regorge pourtant de facettes et de sujets à traiter : l’Inde et ses multiples personnalités. Pour Léna, qui se rend compte avec stupéfaction que les femmes n’ont pas accès à l’éducation, c’est comme une révolte qui s’empare d’elle. Elle veut pouvoir laisser sa chance aux fillettes qui seront pourtant mariées de force à 13 ou 14 ans, qui sont maltraitées et surexploitées dans les habitations par leur famille, qui sont considérées comme inutiles parce que nées de sexe féminin.

Laetita Colombani fait entrer en collision deux cultures, deux façons de voir le monde et de l’appréhender, dans un récit coup de poing qui aborde non seulement l’accès à l’éducation pour tous mais également la cause des femmes, le deuil, le don de soi, et la liberté. C’est un récit à la fois révoltant et profondément humain, empreint d’espoir, qui bouleverse autant qu’il nous plonge dans la dure réalité de la culture indienne.

Véritable plongée au cœur de la culture indienne et ses multiples facettes, l’autrice nous immerge dans la dure réalité de la vie des femmes en Inde : l’accès à l’éducation difficile voire inexistant, des libertés restreintes, des mariages forcées à peine entrées dans l’adolescence. Ce récit est aussi révoltant que bouleversant, parce qu’il fait entrer en collision deux façon d’appréhender la vie et la liberté ainsi que deux cultures très différentes qui s’entrechoquent.

2 commentaires sur “Le cerf-volant • Laetita Colombani

  1. Je n’ai pas encore lu de livre de cette autrice, mais j’ai énormément entendu parler de « La tresse » et j’aimerais commercer avec celui-ci. Ton avis élogieux confirme en tout cas que je dois découvrir cette autrice !

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s