Conseils de lectures

Brin de lecture • Si vous avez aimé, vous aimerez… #2

Presque six mois après mon premier récap des posts que j’ai fait pendant le premier confinement, destiné à vous présentez des romans que vous pourriez aimé si vous en aviez déjà lu parmi la sélection, me voici de retour avec deux nouvelles thématiques.

Esclavage & ségrégation raciale

Tout comme la seconde guerre mondiale, je lis beaucoup de récits se déroulant à l’époque de la ségrégation raciale ou de l’esclavage aux Etats-Unis et j’en avais dédié un article sur le blog en 2017, regroupant alors tous les romans que j’avais lu et qui m’avaient énormément touchés sur le sujet. Dans cette sélection de Si vous avez aimé, vous aimerez…, j’en ai repris quelques uns.

Tout d’abord, La colline aux esclaves et Les larmes de la liberté, la duologie écrite par Kathleem Grissom. Si je n’ai pas chroniqué le premier roman, le second est en ligne sur le blog. J’avais eu un énorme coup de cœur pour le premier roman de l’autrice, qui s’était avéré une lecture magnifique et bouleversante alors c’était remplie d’attentes que je me plongée dans son second volet. Kathleen Grissom aborde ici avec justesse la question de l’esclavage mais également les difficultés que pouvaient engendrer les relations entre Blancs et Noirs et la considération que les individus avaient pour eux en retour.

L’incroyable Underground Railroad m’a transporté au printemps 2020. Pur chef d’œuvre comme on en lit peu, l’écriture bouleversante et brute décrit avec une infinie justesse la violence et la réalité de l’esclavage. C’est un roman qui nous force à regarder l’horreur en face, parce qu’il nous plonge dans une réalité effrayante, effroyable, qu’on essaie trop souvent d’occulter et cette histoire est à mon sens là pour nous rappeler qu’aucun individu ne devrait plus jamais être entravé dans sa liberté. J’ai refermé ce roman avec une boule au ventre, tout en ayant eu l’impression de lire un chef d’œuvre, d’une qualité rare.

No Home n’est pas en reste et est également hissé au sommet de mes romans favoris. Ce roman est un pari audacieux mais réussi, celui de relier des générations sur trois siècles d’Histoire. C’est un ouvrage lumineux et incroyable dont on ne peut qu’apprécier la richesse et la densité, où esclavage, ségrégation raciale et traite humaine sont autant de sujets qui prennent leur sens au cœur de cette saga familiale riche.

Au cœur de cette sélection, on retrouve deux autres romans qui n’ont pas été des coups de cœur mais demeurent selon moi très importants et tout aussi riche. Le premier, Les couleurs de l’espoir est un roman absolument magnifique qui nous emmène au cœur d’une histoire d’amitié émouvante. Celle de deux femmes que tout oppose : Dorrie, coiffeuse noire et Isabelle, sa plus vieille cliente blanche. A travers un voyage vers le passé, cette dernière va livrer son histoire à celle qu’elle considère comme sa fille, déroulant des sujets tels que la ségrégation raciale, les injustices ou encore les combats nécessaires pour l’égalité des droits civiques.

Le second, Le crocus jaune est également une histoire touchante entre Mattie, anciennement travailleuse des champs, recrutée pour devenir la nourrice d’ Elizabeth, au sein de la grande maison de la propriété. Leur amitié, qui ne devrait exister, va parsemer le récit de douceur et de tendresse. Ce roman est un véritable portrait de femme, de deux femmes fermement liées l’une à l’autre autrement que par le sang mais par le respect, l’amour, la confiance. C’est également le portrait d’une époque, d’une société marquée par l’esclavage.

Condition de la femme dans le monde

C’est également un sujet sur lequel j’essaie de lire énormément, parce qu’en tant que femme, elle me touche directement. De nombreux romans ont su me toucher sur cette thématique et résonner en moi, dans les propos que j’ai envie de tenir ou bien dans mes prises de positions.

C’est avec La perle et la coquille que j’ai commencé à appréhender la thématique de la condition féminine dans le monde et je crois sincèrement que je ne me suis jamais remise de cette histoire. Ma rencontre avec Nadia Hashimi marque un véritable tournant dans ma vie de lectrice. Ce roman m’aura profondément marqué, de part les destins de Shekiba et Rahima mais aussi par la richesse du récit que l’auteure nous livre, plaidant la cause des femmes dans un pays où elles n’ont que peu de place et d’espace de liberté.

Si Pour que tu sois mienne m’a moins marquée, il n’en demeure pas moins un récit important que je ne peux que vous recommandez. Il ouvre les yeux sur un fait de société méconnu, ignoré. Outre le fait que ce roman aborde la place des femmes dans un pays qui ne leur en accorde que peu, on retrouve la place des homosexuels et des transsexuels. Il nous plonge également dans le mode de vie iranien, un mode de vie, qu’en tant qu’occidentaux moderne, on pourrait qualifier de conservateur et rétrograde. Ce roman est bouleversant par le sujet qu’il aborde, même si je n’ai su être captivée par l’écriture parfois directe et peu sentimentale, peu émotionnelle.

Une autrice qu’on ne présente plus, étant donné la portée de ces romans, c’est Laetita Colombani et ce n’est pas anodin de retrouver deux de ses romans parmi ma sélection : La tresse, qui aborde de nombreux sujet sociétaux d’une plume poignante, au travers de trois vies, de trois femmes : la pauvreté, l’accès à l’éducation, les traditions et les croyances, le travail. Mais aussi Les victorieuses, qui véhicule des valeurs fortes de solidarité, d’entraide, de partage et permet un choc culturel, une remise en question vis-à-vis d’autrui. La puissance du roman réside dans l’histoire du combat de ces femmes pour une vie meilleure. 

Le bleu entre le ciel et la mer est un roman que j’ai lu il y a très longtemps, qui m’a transporté au cœur du conflit israélo-palestinien et de Gaza, du camp de réfugié de Nousseirat. C’est une immersion totale au cœur des traditions, des coutumes et des croyances différentes avec en son centre quatre femmes à la générosité sans faille. Le conflit qui régit leur vie n’atteint guère leur optimiste et ne fait que les rendre plus forte. Une plume sensible et touchante qui sublime le destin de ces femmes.

Pour terminer cette sélection, la bande dessinée de Leïla Slimani et Laëtitia Coryn m’a semblée parfaite. Paroles d’honneur est une véritable dénonciation du peu de liberté accordées aux femmes marocaines, extraite d’entretiens qu’a réalisé Leïla Slimani sur la question de la sexualité. La réalité choque, terrifie. Elle est violente mais représentative d’une société qui n’est absolument pas égalitaire et dans laquelle la question des droits des femmes est très déséquilibrée. Cette bande-dessinée est un véritable hommage à ces femmes. Leurs témoignages sont forts, intimes et permettent de les valoriser et de mettre en lumière les nombreuses inégalités.

Sur ces deux thématiques, avez-vous des romans à me conseiller ?

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