Historique

Après l’océan • Laurence Peyrin

Mon rendez-vous annuel avec Laurence Peyrin a connu une pause l’année dernière mais je ne pouvais laisser passer un roman qui aborde le naufrage du Titanic et m’emmène à New-York.

En avril 1912, Letta et Molly Alistair, deux jeunes sœurs rescapées du naufrage du Titanic dans lequel le reste de leur famille a péri, débarquent à New York. Molly, absente, est plongée dans un profond mutisme. Letta doit puiser très loin en elle pour survivre dans cette ville qu’elle n’aime pas. Elle trouve un poste de vendeuse dans la pharmacie-apothicaire C.O. Bigelow.

1912, une année aux rêves coulés

Nul n’ignore que 1912 fut une année terrible pour la White Star Line. En pleine nuit, tandis que nombreux rêvaient d’avenir, d’American Dream et de la terre promise new-yorkaise, l’insubmersible Titanic percuta un iceberg et entraîna la mort de ses passagers. Parmi les quelques centaines de survivants, Laurence Peyrin a choisi de donner la famille Alistair. Leur père vendît propriétés et biens pour tenter sa chance de l’autre côté de l’Atlantique, avec l’espoir d’un jour prospérer sur cette terre que tant ont vendue. Malheureusement pour la famille, seule Letta et Molly, les deux sœurs comptèrent parmi les survivants de la tragédie… Face à cette nouvelle vie qui semblait à portée de main, le destin se montra bien cruel.

Survivre

Du jour au lendemain, Letta se retrouva à la fois orpheline et veuve, tutrice de sa sœur cadette sous le choc du naufrage et complètement muette. Seules avec leur chagrin et leur solitude, les deux femmes vont pousser la porte de l’hôtel Jane. L’autrice nous immerge alors dans un deuil que nul ne peut comprendre s’il n’est enduré, au cœur même du choc, de la léthargie, du traumatisme. Comment imaginer être une famille, rêver d’une nouvelle vie et tout perdre en l’espace de quelques instants ? Face à l’attrait de tant d’individus pour ce Nouveau Monde, Letta ne ressent que déception et amertume et doit composer avec la curiosité des autres.

Un talent pour les héroïnes

Laurence Peyrin a indéniédiablement du talent pour dresser le portrait d’héroïnes qui reste en mémoire, souvent au destin contrarié mais à la fois ambitieuses et ayant assez de force pour rebondir sur les épreuves que la vie met sur leur chemin. Face au regard des autres sur le choc de sa sœur, face à la volonté de la considérer comme folle, Letta est tout à la fois inspirante, combattive et loyale. Si j’étais loin de me douter que l’autrice nous plongerait aussi loin dans l’univers new-yorkais du début du XIXe siècle, les descriptions immersives sont pourtant une porte ouverte sur des sujets tels que Blakwell et Nellie Bly, la façon dont les femmes jugées hystériques pour x ou y raisons étaient traitées, le pouvoir du laudanum et une pharmacie ancestrale. Les femmes sont à l’honneur chez Laurence Peyrin et Après l’océan le prouve une nouvelle fois, dans une histoire de résilience et de renaissance.

Laurence Peyrin sait en quelques pages me transporter dans un autre univers, une autre époque, et il me suffit simplement de faire confiance à ses mots pour partir à la rencontre d’une héroïne ambitieuse, au destin contrarié mais avec une force insoupçonnée en réserve. Après l’océan est une magnifique histoire de résilience et de renaissance mais également de deuil, dans laquelle l’espoir et la souffrance d’une femme sont à l’honneur.

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