Contemporain

La déraison • Agnès Martin-Lugand

Les romans d’Agnès Martin-Lugand m’appellent chaque année, parce que cette autrice m’a envoutée avec l’histoire d’Iris il y a quelques années et depuis, je suis au rendez-vous. Certains ont ma préférence (Une évidence et Désolée, je suis attendue).

Une femme aux portes de la mort. Un homme incapable d’en finir avec la vie. Leurs deux voix s’élèvent tour à tour pour nous confier leur histoire, leurs maux, leurs démons, et plus que tout l’amour fou. Un amour qui inspire, réunit et sauve autant qu’il a pu détruire et séparer.

Entre deuil du passé et espoir d’avenir

Dès les premières pages, le ton donné au récit n’est pas joyeux… Bien loin des histoires auxquelles l’autrice nous avait habitués. Madeleine est malade, elle se sait condamnée et alors qu’elle vit ses dernières semaines, sa fille lui demande la vérité. Sur qui elle est, qui elle a été, son histoire, son passé et sur tout ce qu’elle ne veut pas découvrir une fois qu’elle sera orpheline de mère. D’abord étonnée de cette requête, Madeleine finit par l’emmener en Bretagne, dans cette maison où elle a passé ses vacances d’enfance, près de la mer et de cette plage qui a vu naître la plus puissante des passions de sa vie et le plus beau de ses amours. En parallèle, l’autrice nous emmène à la rencontre de Joshua, un musicien brisé, tout droit venu du passé de Madeleine. Et tandis qu’elle se réinstalle dans ce lieu si fort de sa vie pour y finir ses jours, l’amour de sa vie se redessine.

Une histoire sombre

La déraison est un roman court, qui happe le lecteur dans une histoire brute et sombre. C’est l’histoire d’une rencontre, de celles qui marquent les âmes, le corps et leur cœur violemment, celles qui ne se finissent jamais quand bien même elles se sont terminées. Les émotions sont parfois violentes, l’explosion de sentiments et de liberté primitive, les mots lourds de douleur et d’un passé qui a bien trop fait souffrir les deux héros, si bien que le récit perd en légèreté au fil de ses pages pour finalement devenir assez noir. C’est cette noirceur qui n’a pas su venir me toucher. Elle est belle, elle raconte une histoire bouleversante, une passion tragique mais ce n’est pas ma vision de l’amour. Ce n’est pas l’amour passionnel au point d’en ressortir complètement brisé qui m’émeut. Si la plume de l’autrice demeure délicate, qu’elle aborde avec justesse et réalisme des sujets graves, cela n’a pas suffi…

Que c’est difficile d’attendre autant un roman et de ne pas savoir après sa lecture si on l’a aimé… Cette histoire m’a bousculée, de par sa noirceur et l’amour passionnel brut qui y est retranscrit ; mais j’ai aussi été heureuse de lire à nouveau la plume si délicate de l’autrice.

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