Le Club des veuves qui aimaient la littérature érotique • Balli Kaur Jaswal

35922361_1093269100814021_4510747217455218688_n.jpg

Devenu un rituel chaque mois : ma découverte d’un roman de la collection du Cercle Belfond donc je savoure les récits. Le Club des veuves qui aimaient la littérature érotique m’a surprise par son titre. C’était un roman recommandée par le Book Club de l’actrice Reese Witherspoon, que je suis de manière assidue. Je suis ravie de voir les éditions Belfond le publier et je les remercie pour cet envoi.

Résumé-01

« Association sikhe recherche animatrice pour atelier d’écriture réservé aux femmes. » La bonne aubaine pour Nikki, Londonienne de vingt-deux ans, en quête désespérée d’un petit boulot. Mais alors qu’elle pensait former des apprenties romancières, Nikki se retrouve face à un public inattendu : une dizaine d’Indiennes, de tous âges, majoritairement veuves, souvent analphabètes et dotées d’une imagination très, très fertile. Écrire ? Pensez-vous ! Elles, ce qu’elles veulent, c’est raconter : le choc culturel, la vie de famille, l’éducation des enfants. Raconter encore l’amour, le sexe et tous ces fantasmes enfiévrés qui leur traversent si souvent l’esprit. Raconter aussi la solitude, la soumission aux hommes, la violence, parfois. Alors que la fréquentation de ce club débridé augmente de semaine en semaine, Nikki s’interroge : comment porter ces histoires au-delà des murs de la maison de quartier ? La jeune étudiante a une idée. Mais libérer la parole des femmes n’est jamais sans danger…

Ce que j'en pense-01

Ce roman a la particularité de traiter avec aisance le parallèle parfois très grand entre les traditions et la modernité, tout en étant très surprenant par la manière dont il aborde ce sujet. Il se déroule en plein cœur de Londres, et plus particulièrement Southall. Nikki, jeune londonienne d’origine indienne, se cherche professionnellement. Employée dans un bar, elle répond un jour à une annonce pour donner des cours d’écriture et d’alphabétisation à des veuves sikhes. La liberté dont elle jouit, son indépendance et sa volonté de ne pas avoir recours à un mariage arrangé est un choc pour ces femmes dont les traditions indiennes sont leur quotidien.

A leur contact, Nikki va peu à peu en découvrir davantage sur sa communauté et apprendre à connaître des femmes qui, malgré leurs apparences, rêvent de liberté en écrivant des récits empreint d’érotisme et d’amour. Sans jamais entrer dans la vulgarité, l’imagination fertile des veuves les poussent à décrire des scènes d’amour et de sexe et échangent autour de celles-ci. Loin d’imaginer la tournure que va prendre l’atelier d’écriture, Nikki va pourtant toutes les écouter et récolter leurs écrits. Ces femmes sont toutes particulières et attachantes. Elles ont chacune leur histoire, qu’elles dévoilent au fur et à mesure et on comprend que, malgré l’éloignement avec leur pays, ces traditions les retiennent attachées à leur culture. Elles ont peut-être des envies de modernité, les coutumes sont leur point d’ancrage.

Ce roman est plus profond qu’il n’y paraît et les sujets sont peut-être traités avec légèreté et humour, ils n’en restent pas moins approfondis avec justesse : la place des femmes dans la société, le combat pour l’égalité, les discriminations, les différences. Baser l’histoire à Londres permet de faire un clin d’œil aux individus issus d’une même culture qui, grâce à l’immigration, recréent une communauté familière. C’est un véritable appel à la tolérance et à la prise en compte des cultures ainsi que des femmes dans celles-ci. Très riche et éclairant, l’auteure a su, au cœur de cette histoire, faire le portrait d’une communauté hors du commun et de veuves hautes en couleurs aux histoires captivantes.

Séprateur-01

Ce roman, sous ses airs de légèreté, cache des thématiques plus profondes : lutte contre les discriminations, la prise en compte des cultures, la place des femmes dans la société, l’écart entre les traditions et la modernité. Le cours d’écriture se transforme en couverture pour livrer des récits empreints de réalisme, d’érotisme et de liberté. Un roman surprenant mais captivant !

Très bonne lecture-01

Publicités

2 commentaires sur “Le Club des veuves qui aimaient la littérature érotique • Balli Kaur Jaswal

  1. Je suis justement en train de le lire ; je devrais le terminer d’ici un jour ou deux.
    Je trouve comme toi que c’est un bon roman, justement parce qu’il mêle humour et sujets sérieux. De quoi se poser encore pas mal de questions sur la condition de la femme dans le monde !

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s