Le châle de Marie Curie ♦ Déborah Lévy-Bertherat

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C’est au détour d’un rayon chez Gibert Joseph que je suis tombée sur ce court roman. Le résumé m’a aussitôt rendue curieuse et je n’ai pas réfléchi longtemps avant de l’emmener avec moi à la caisse.

 

Résumé-01

Deux femmes partagent, le temps d’une nuit, une chambre d’hôpital. L’une est kabyle et musulmane, l’autre française et juive : tout les sépare sauf leurs cancers, qui sont les mêmes. Au cours de la nuit, par les paroles et les silences, le passage des soignants et des proches, elles vont se découvrir, se rencontrer. Leurs histoires se tissent, leurs fantômes se croisent, comme celui de Marie Curie, qui hante l’hôpital. Est-on assez nu dans la maladie, assez dépouillé de tous ses masques, pour atteindre, au fond de soi-même et de l’autre, un noyau commun d’humanité ?

 

Ce que j'en pense def-01

Une soirée, une nuit et une matinée en compagnie de deux femmes de confessions religieuses différentes, l’une est juive tandis que l’autre est musulmane, mais liées en commun par cette maladie qui les ronge : un cancer du sein. Voilà ce que promettait ce roman poétique. A l’Institut Marie Curie, à Paris, Kahina et Elsa attendent leur opération, chacune dans un état émotif qui lui est propre. Si Kahina est plutôt sceptique et se demande ce qui va lui arriver, Elsa est parfaitement lucide sur son cancer.

Tout au long de la nuit, elles vont partager leur vie, leur coutume. Quand Kahina reçoit ses fils, Elsa se retirera doucement pour laisser à cette mère de famille la joie d’avoir ses enfants auprès d’elle. Elle respire la gaieté, la joie, l’optimiste. Cette famille bruyante et expansive rappelle à Elsa sa solitude, sa vie célibataire et l’amour inconditionnel qu’elle porte à sa nièce. Dans leur différence, ces deux femmes vont se livrer à une réflexion introvertie sur ce qu’elle attende de la vie, ce qu’elles ont déjà vécu. On entre alors dans leur intimité et dans leurs plus profondes pensées.

La plume de Déborah Lévy-Bertherat est poétique et douce et aborde la solitude, la maladie, la famille, la religion avec subtilité. La douceur qui émane de ce récit est apaisante et paradoxalement angoissante. On connaît l’issue : l’opération dont vont être victimes Kahina et Elsa, une opération destinée à les débarrasser de ce cancer qui les ronge. Mais elle nous rappelle que lorsqu’il faut vaincre la maladie, il n’y a plus ni religion ni nationalité. Il n’y a qu’un combat. Même si le récit manque parfois de profondeur et d’approfondissement en ce qui concerne les vies d’Elsa et Kahina et que la religion est peu mise en valeur finalement, ce roman est agréable et retrace tendrement quelques heures de la vie de ces deux femmes.

 

Séparateur-01-01

Un roman subtil et poétique qui aborde des thématiques liées à la maladie, la religion, la solitude. Ces quelques heures en compagnie de Kahina et Elsa permettent de rencontrer deux femmes terrifiées qui vont s’unir pendant un moment, malgré la religion et malgré leur différence. Un conte où la maladie n’a plus de frontière.

 

Bonne lecture-01

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2 commentaires sur “Le châle de Marie Curie ♦ Déborah Lévy-Bertherat

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