L’obsolescence programmée de nos sentiments • Zidrou et Aimée de Jongh

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C’est lors de mon passage au Lyon BD Festival au début du mois de juin que j’ai croisé L’obsolescence programmée de nos sentiments. Quelques échos et des dessins absolument superbes m’ont convaincus de repartir avec.

Résumé-01

Lui, il s’appelle Ulysse. Il est veuf depuis plusieurs années et lorsqu’il perd son travail de déménageur, à 59 ans, une grande solitude s’empare de lui. Impossible même de s’entourer de ses enfants : sa fille est morte dans un accident à l’âge de 16 ans et son fils est très pris par son travail. Elle, c’est Mme Solenza. Méditerranée de son prénom, 62 ans au compteur. Ancien modèle (elle a fait la couverture de Lui dans sa jeunesse !), elle ne s’est jamais mariée et tient la fromagerie de sa mère qui vient de décéder après une longue maladie. Si leurs jours s’écoulent tristement et leurs occupations ne suffisent pas à masquer l’isolement qui est le leur, c’était sans compter un miracle émotionnel. Car entre cette femme et cet homme va se tisser une histoire d’amour d’autant plus belle qu’elle est tardive, et merveilleusement porteuse d’avenir…

Ce que j'en pense-01

Cette bande-dessinée est toute aussi surprenante que délicieuse à feuilleter. Alors qu’Ulysse est prématurément envoyé à la retraite par son patron, il trouve les journées longues, déboussolé par sa nouvelle liberté. Méditerranée, quant à elle, accompagne la fin de vie de sa mère. Cette femme, sans enfant et sans compagnon, vit de son métier de fromagère. Ces deux sexagénaires vont faire connaissance au détour d’une salle d’attente chez le médecin. Une première discussion qui sera le début d’une belle rencontre.

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Tant d’écrits prennent pour cible le premier amour ou bien l’amour à trente ans, quarante ans, l’amour d’une jeunesse, qu’il est absolument délicieux de voir des auteurs prendre le parti d’écrire sur le dernier amour. On s’aime à tout âges, on peut vivre une rencontre incroyable à 70 ans et c’est là toute la beauté de l’histoire d’Ulysse et Méditerranée. Ce sont deux personnages très attachants dans leur solitude. Ils ont chacun vécu déjà plus de la moitié de leur vie et ont développé des habitudes, des routines. La tendresse de leur amour, l’espoir qu’ils y mettent est très beau.

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C’est la rencontre de deux âmes égarés, réunis par le destin et par un des plus beaux sentiments qui puissent exister. Leur relation est, de plus, racontée avec sincérité et authenticité : le temps qui passe, aussi bien de manière pragmatique que visuelle, la vieillesse qui traverse le corps et gondole le corps, l’isolement. Chaque planche est remplie d’une pudeur exquise, accentuée par le trait délicat et naturel des illustrations qui nous montre que le bonheur peut se trouver à n’importe quel moment de la vie. Le seul bémol, à mes yeux, est ce dénouement très surprenant auquel je n’ai pas adhéré mais qui, avec du recul, semble une suite logique.

Séprateur-01

L’amour n’a pas d’âge. Jamais je n’avais lu une bande-dessinée qui illustre aussi bien cet adage. Pour les deux sexagénaires Ulysse et Méditerranée,  l’amour est venu frapper à la porte de leur porte tardivement. Sincérité et pudeur sont au cœur des planches, où les illustrations ont un aspect brut et naturel.

Très bonne lecture-01

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5 commentaires sur “L’obsolescence programmée de nos sentiments • Zidrou et Aimée de Jongh

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