Bande-dessinée - historique

Radium Girls • Cy

J’avais repéré cette bande dessinée à sa sortie et je l’avais d’ailleurs achetée assez rapidement. Pourtant, je l’ai laissée traîner dans ma bibliothèque un petit moment avant de me décider à l’ouvrir. Je le regrette désormais car j’ai découvert le destin révoltant de femmes extraordinaires mais condamnées.

La découverte du radium fait une entrée fracassante dans les États-Unis des années 1920. L’élément miracle, découvert par Marie Curie, baigne l’Amérique de son aura phosphorescente. 1918, Edna Bolz s’installe aux côtés de Grace, Katherine, Mollie, Albina et Quinta devant les établis d’USRC. Elles vont y peindre minutieusement leur quota de cadrans de montres,avec cette peinture si spéciale qu’elle permet de lire l’heure dans le noir. Lip. Dip. Paint. Trois mots, trois gestes qui les mèneront à leur perte.

C’est en grande partie parce que j’ignorais l’histoire de celles qu’on appelait les Radium Girls que je me suis tournée vers cette bande dessinée. Des femmes oubliées par l’Histoire, un scandale sanitaire étouffé. Cy met en lumière la vie de travailleuses américaine, ayant subi un lourd préjudice suite à une exposition trop forte en radium. Chargée de peindre des cadrans d’horloge à l’aide d’une peinture riche en radium, la méthode utilisée par l’usine, Lip, dip, paint, oblige les jeunes femmes à ingérer une importante quantité de radium en mettant leur pinceau à la bouche.

Dès le départ, elles vont, sans le savoir, subir une violente intoxication qui va avoir des conséquences sur leur santé des années plus tard… C’est un pan de l’Histoire américaine dont je n’avais jamais entendu parler, à mon grand regret, et Cy l’a retranscrit avec une telle justesse que j’en ai été à la fois révoltée, choquée, dérangée. Non seulement elle nous emmène dans l’ambiance des roaring twenties, à l’époque de la Prohibition, des speakeasies clandestins mais elle narre le destin glaçant de ces femmes, auquel on ne peut y être insensible, surtout lorsque l’on sait qu’elles ont tenté d’intenter un procès à leur entreprise sans jamais obtenir gain de cause. Leur combat a permis de faire avancer la loi mais cela a pris des années…

Si je n’étais pas familière des illustrations de Cy, pour n’avoir jamais lue cette scénariste/illustratrice de bandes dessinées, je les ai trouvées magnifique ! Les planches sont épurées, le trait effet crayon de couleur donne un aspect affiné et les couleurs, dans un camaïeu de bleu, violet, rouge et vert, illumine chaque page. Je suis complètement tombée sous le charme de ces graphismes et j’ajoute une mention spéciale à la couverture, à l’apparence fluorescente qui m’ont surprise en pleine nuit.

Une bande dessinée glaçante. L’histoire des Radium Girls, condamnée sans le savoir dès leur premier jour de travail en raison d’une intoxication au radium dans la peinture qu’elle utilisait pour peindre des cadrans d’horloge. Le destin de ces femmes m’a révoltée !

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