Drame·Films

Cinéma • Petit pays

Malgré toute l’effervescence et tout l’impact médiatique dont le roman éponyme a bénéficié, je n’avais pas lu le récit écrit par Gaël Faye. C’est son adaptation cinématographique qui m’a convaincue d’enfin m’y intéresser mais, contrairement à mes habitudes, j’ai commencé par visionner le film.

Dans les années 1990, un petit garçon vit au Burundi avec son père, un entrepreneur français, sa mère rwandaise et sa petite soeur. Il passe son temps à faire les quatre cents coups avec ses copains de classe jusqu’à ce que la guerre civile éclate mettant une fin à l’innocence de son enfance.

Je suis née en novembre 1994, soit seulement quelques mois après le génocide des Tutsis au Rwanda. Un événement historique dont on ne parle que très peu et en partie parce qu’il a été nié pendant de nombreuses années par les différents gouvernements. Ce qui a, de mon point de vue, eu pour conséquence la rareté des témoignages, des écrits. C’est un sujet que peu d’artistes se sont emparés et je n’en connaissais d’ailleurs pas tous les éléments. Le film Petit pays est l’adaptation du roman éponyme, primé par le Goncourt des lycéens en 2016, et qui a pour sujet principal ce massacre africain, dans un roman de fiction qui flirte avec ce qu’a vécu l’auteur. Ne l’ayant pas lu, je ne pourrais nullement comparer les deux œuvres mais le film retrace une enfance au Burundi, pays qui a également été déchiré par le génocide des Tutsis dans les années 90.

Gabriel, le héros, vit à Bujumbura, avec un père français, Michel, une mère rwandaise, Yvonne et sa sœur, Ana. On va suivre sa vie de manière assez linéaire et simpliste, tandis qu’il va à l’école, retrouve ses copains après la classe et doit jongler avec la séparation de ses parents. Jusqu’au jour où, les présidents rwandais et burundais sont assassinés, visés dans leur avion par un tir de missile. Cet attentat, considéré comme élément déclencheur du génocide, va plonger la famille dans la détresse et dans l’enfer des coups de feu, de la guerre. Yvonne, qui est tutsie, nous plonge véritablement dans cet enfer, de part son interprétation et son implication ethnique. Incapable de savoir si ses proches, restés au Rwanda, sont en vie, dans l’impossibilité d’avoir de leur nouvelles, elle incarne l’espoir, l’impatience, le deuil, l’incompréhension, la tristesse, la folie.

Au-delà du récit autobiographique et des événements dramatiques, ce film tient aussi à montrer la fin de l’enfance et de l’insouciance, à travers le regard de Gabriel, qui va finalement grandir avec pour toile de fond la guerre et le massacre de sa famille. J’ai été profondément bouleversée par l’histoire racontée, par la façon dont les réalisateurs ont réussi à centrer l’histoire sur ce garçon au visage très expressif. Le film n’est jamais manichéen, bien que dévoilant toute l’horreur du génocide, et s’attache à montrer davantage l’horreur des guerres ethniques, sans en rendre une plus coupable que l’autre. Sincérité, justesse et authenticité se dégage de la mise en scène et c’est ce qui m’a autant touchée.

3 commentaires sur “Cinéma • Petit pays

  1. J’ai envie de voir ce film depuis sa première sortie en salles en mars. Je n’ai pas non plus lu le roman mais j’en ai beaucoup entendu parler et je souhaitais, comme toi, commencer par l’adaptation. Il marquera mon retour en salles après plusieurs mois…

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