Historique

L’orpheline de Foundling • Stacey Halls

Stacey Halls, c’est le magnifique roman des Sorcières de Pendle, pour lequel j’ai eu un coup de coeur l’automne dernier. J’étais donc impatiente de relire l’autrice dans ce nouveau roman traduit en France et je remercie les éditions Michel Lafon pour l’envoi.

« Deux femmes, liées par un enfant, et un secret qui peut tout changer. Londres, 1754. Six ans après avoir laissé sa fille Clara à l’orphelinat de l’hôpital Foundling, Bess Bright décide de la récupérer. Craignant le pire, Bess est stupéfaite lorsqu’on lui apprend qu’elle est déjà venue la récupérer. Elle n’aura de cesse de rechercher sa fille et de découvrir qui l’a pris et pourquoi. À moins d’un kilomètre de l’institution, une jeune veuve vit recluse depuis 10 ans dans une sublime demeure. Quand un ami médecin à l’orphelinat de Foundling la persuade d’engager une nourrice pour sa fille, elle est d’abord réticente à l’idée d’accueillir une étrangère. Mais alors que son passé menace de ressurgir et de briser le petit monde qu’elle s’est créé, elle se laisse apprivoiser par cette nourrice si prévenante à l’égard de sa fille… »

Une plongée dans le Londres du XVIIIe siècle

Stacey Halls nous plonge à nouveau dans une ambiance sombre, très différente de son premier roman pour lequel j’avais eu un immense coup de cœur, Les sorcières de Pendle. Nul grand suspens ni rebondissements ne jalonnent le récit mais une tension parfois angoissante plane malgré tout sur toute l’intrigue, comme une sorte de malaise permanent.

Deux héroïnes que tout oppose

Tout oppose Beth et Alexandra, les deux héroïnes de ce récit. Que ce soit par leur milieu social ou leur personnalité. L’une a grandi dans les bas quartiers londoniens, élevée par son père depuis toujours et vendeuse de crevettes depuis son adolescence, se révélant à mes yeux une femme touchante tandis que l’autre vient d’un milieu bourgeois, s’enfermant dans une vie sans plaisir ni clarté depuis l’accident qui tua ses parents, d’une apparence froide et austère et se présentant sous peu d’attraits positifs.

La grande force de ce récit, ce sont ces deux personnages si différents qui auraient pu passer pour manichéens à bien des égards mais Beth et Alexandra demeurent deux femmes aux caractères nuancés et riches. Elles ont chacune une personnalité faite de failles et de force liées à leur histoire. Si leurs destins sont liés, ce n’est pas qu’une question de hasard, un fait que j’avais malheureusement deviné lors de ma lecture et qui ne m’a apporté aucune surprise.

Des réflexions profondes autour de la maternité

A travers l’histoire de Beth et Alexandra, l’autrice dépeint la dureté de la vie du XVIIIe siècle, la cruauté du destin des mères célibataires de l’époque en amenant des réflexions assez profondes sur la maternité, l’abandon, l’amour maternel et la culpabilité. Une mère a-t-elle besoin de partager le même sang que son enfant pour l’aimer et l’aider à grandir ?

Si je trouve les récits de Stacey Halls d’une grande profondeur et d’une extrême pertinence au regard des sujets abordés, L’orpheline de Foundling m’aura malgré tout moins convaincue que Les sorcières de Pendle. Il n’en demeure pas moins un très beau récit sur la maternité, l’abandon et l’amour maternel, le destin de ces deux mères s’en trouvant bouleversé.

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